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Chroniques variées


Nobel Alfred Bernhard Chimiste suédois (Stockholm, 1833 - San Remo, 1896) Le père d'Alfred Nobel, ingénieur et industriel, a déjà connu quelques revers dans ses entreprises lorsqu'il décide de tenter sa chance en Russie. Avec raison d'ailleurs, puisqu'il prospère bientôt en fournissant à l'armée russe différents équipements dont des mines navales explosives qu'il a conçues.

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Quand les enfants quittent le foyer

Écrit le Jeudi 16 Octobre 2008 - 11:11 PM AST
Topic: Enfants - Famille

            Enfants - Famille cocotte a écrit
Quitter le cocon familial peut être aussi angoissant qu'excitant. Et du côté des parents, plusieurs trouvent difficile de couper le cordon. Comment agir une fois que les enfants volent de leurs propres ailes? En fait-on trop ou pas assez? Devrait-on accepter qu'ils reviennent vivre à la maison?

Tôt ou tard, les enfants s'envolent, que ce soit pour étudier dans une autre ville, habiter avec leur amoureux ou amoureuse, fonder une famille ou simplement vivre leur vie. Normal. Reste que le départ de notre enfant ne va pas sans quelques remous. On ne vit pas ensemble pendant vingt ans sans ressentir alors un pincement au coeur. De part et d'autre, il y a un deuil à faire de la vie de famille telle qu'on la connaissait, et plus encore.

"Pour le jeune, commence une période d'adaptation, explique la psychologue Rose-Marie Charest. En plus de s'assumer sur le plan économique, il devra voir à toute l'organisation matérielle (repas, lavage, ménage, etc.). De plus, s'il a des colocs ou un conjoint, il devra faire des concessions, modifier certaines habitudes et s'adapter à une nouvelle façon de vivre, ce qui n'est pas toujours évident."

Les parents, eux, éprouvent une certaine fierté à constater que leur enfant est assez autonome pour partir. En même temps, ils sont habités par un sentiment de tristesse, de perte, de vide. "Je dis souvent que lorsque notre enfant naît, on coupe le cordon, mais lorsqu'il s'en va, c'est le placenta qui s'arrache, dit Claire Leduc, thérapeute conjugale et familiale et travailleuse sociale. Pour les parents qui se sont entièrement consacrés à leurs enfants, allant même jusqu'à reléguer leur vie de
couple loin derrière, c'est très difficile, surtout quand le dernier part. Souvent iIs ne trouvent plus rien à se dire. D'où l'importance de s'offrir régulièrement, et bien avant que les enfants partent, des moments d'intimité à deux. Après tout, les relations familiales ne peuvent remplacer les relations de couple. Par ailleurs, il faut se dire qu'un enfant qui part, ce n'est pas un enfant qu'on perd, mais c'est un enfant qu'on va retrouver autrement."

L'angoisse de la séparation
"L'angoisse de la séparation - surtout ressentie par les mères - existe bel et bien, ajoute Rose-Marie Charest. Elle porte même un nom: le syndrome du nid vide. Longtemps après le départ des enfants, certaines femmes craignent encore qu'ils aient besoin d'elles et qu'elles ne soient pas là pour eux. Or, les enfants perçoivent cette angoisse, même si la mère ne l'exprime pas. Et ils ont beau être adultes, ils peuvent développer un sentiment de culpabilité qui risque de faire avorter leurs projets d'autonomie et, ainsi, de nuire à leur bonheur. Pour éviter ce malaise, certains enfants collent à la maison; d‘autres choisissent de couper les ponts, parfois en vivant très loin du domicile familial."

Du côté des parents, la difficulté de voir partir leurs enfants ou, par la suite, de se tenir à l'écart de leur vie est souvent l'indice d'une dépendance envers eux. "On est dépendant quand la situation nous fait mal plus que de raison ou nous empêche carrément de fonctionner, note Rose-Marie Charest. Ou encore, si on va bien lorsqu'on reçoit quotidiennement des nouvelles et si on s'inquiète maladivement ou qu'on ressent une tristesse ou un vide lorsqu'on n'en a pas pendant quelques jours. Une telle dynamique relationnelle peut avoir des effets négatifs sur le bien-être psychologique et, parfois même, la santé physique du parent comme de l'enfant. À ce stade, il faut consulter."

La vie après la maison
Il ne faut pas s'étonner si, au début de la vie loin de papa-maman, le jeune vit des moments difficiles. On doit plutôt se dire que cela lui servira d'apprentissage. L'important, pour les parents, c'est de faire confiance au jeune. Ils l'auront notamment guidé vers une autonomie pratique en lui montrant comment gérer un budget, préparer les repas, faire le lavage, etc. Maintenant, au rejeton de se débrouiller.

Le rôle des parents par la suite?

Respect, diplomatie et tact sont demandés! "On ne doit surtout pas s'imposer ni s'immiscer dans la vie quotidienne de nos enfants, que ceux-ci soient partis depuis peu ou depuis longtemps, rappelle la psychologue Ann Bourget. Leur vie n'est plus organisée autour de la nôtre. Et chez eux, ce n'est pas chez nous. Par conséquent, on n'y arrive jamais à l'improviste. On propose de les visiter et on demande si cela leur convient. Puis on tient compte, le cas échéant, de l'avis du conjoint ou de la conjointe. Et pourquoi pas suggérer de partager de beaux moments de temps à autre ? Par exemple, s'il y a une exposition au musée près de chez eux, on leur propose de nous accompagner ou de souper ensemble avant la visite. Mais on n'arrive surtout pas avec nos valises pour le week-end. Il faut apprendre à développer une nouvelle forme de relation."

"Puis on ne téléphone pas tous les jours, prévient Rose-Marie Charest. Et on ne commence surtout pas la conversation par: "Je me demandais si tu étais encore vivant. Je n'ai pas de tes nouvelles, qu'est-ce qui se passe?" La pire chose à faire, c'est d'être culpabilisante. On ne s'attend pas non plus à ce qu'ils appellent deux ou trois fois par semaine, surtout s'il s'agit de garçons (généralement les filles communiquent davantage avec leur mère). Ça ne veut pas dire qu'ils nous oublient. Ils sont simplement rendus dans une autre vie, et ils ne voient pas la pertinence de nous raconter leur quotidien. Donc, on communique avec eux pour garder le contact et on reste disponible, tout en conservant une distance physique. C'est la meilleure façon de maintenir des relations de qualité, même si les rencontres sont moins nombreuses qu'on le souhaiterait. Les enfants adultes ont besoin de sentir que leurs parents ne comptent pas sur eux pour avoir une vie intéressante; ils doivent aussi constater qu'ils ne sont pas au centre de la vie de leurs parents, et qu'eux-mêmes peuvent mener leur existence sans que leurs géniteurs en souffrent."

Et jusqu'où doit-on les aider?
"Au moment de la transition, la majorité des parents offrent un soutien financier et matériel, et c'est normal, indique Rose-Marie Charest. Mais il doit s'agit d'une aide réaliste qui ne gardera pas les enfants dépendants des parents. Par exemple, on n'a pas à payer un loyer à son enfant qui souhaite simplement être chez lui, alors qu'il a encore une place à la maison. Il faut aussi que le jeune adulte comprenne qu'il ne peut pas partir et avoir exactement le même confort et les mêmes avantages qu'à la maison. Bref, on lui demande de quel type d'aide il a besoin, puis on lui explique ce qu'on est prêt à faire et pendant combien de temps. Pour qu'il devienne vraiment autonome, c'est important de mettre une limite dans le temps et de la respecter. On agit de la même façon avec les enfants qui sont partis depuis longtemps."

Ann Bourget raconte: "Certains parents règlent divers comptes (téléphone, électricité, etc.) à la place de leurs enfants, même quand ces derniers ont quitté la maison depuis quelques années, sous prétexte que le salaire de leurs rejetons est moyen. Ensuite, ils sont frustrés parce que, au même moment, leurs enfants font des dépenses qu'ils jugent démesurées. Il faut être logique! Par ailleurs, les parents ne doivent pas profiter du fait qu'ils aident financièrement leurs enfants devenus adultes pour s'immiscer dans leurs affaires personnelles. C'est une question de respect."

Autre problème: les soupers du dimanche soir... Bien sûr, il est toujours agréable de réunir son monde autour de la table familiale. Mais ces rencontres ne doivent surtout pas devenir une obligation. "Certains parents insistent pour que leurs enfants viennent manger toutes les fins de semaine à la maison, déplore Ann Bourget. Mais s'il s'agit d'une règle qu'on applique sans aucune souplesse, cela devient un fardeau qui risque de créer des tensions importantes et de nuire à la relation parent-enfant. Bref, de telles rencontres doivent se faire dans un climat de respect et de non-obligation pour les enfants. Ce qui signifie: tout le monde est d'accord pour se voir le dimanche, mais dans la mesure du possible. Et les parents doivent éviter de se faire culpabilisants quand, justement, ce n'est pas possible. Ils doivent comprendre que leurs enfants n'ont pas qu'une seule famille (il y a celle du conjoint ou de la conjointe), et qu'ils ont des amis, des activités, des obligations."

 

Il veut revenir!
Autrefois, la rupture était brutale. Quand les enfants partaient, c'était pour se marier et former une nouvelle cellule familiale. Aujourd'hui, l'étapisme est à la mode. On passe les fins de semaine chez sa blonde ou son chum, ou encore on voyage quelques mois, puis on revient à la maison...

Une étude de Statistique Canada confirme l'existence du phénomène Tanguy, ces jeunes adultes qui collent au domicile de leurs parents. En 1981, 41% des 20 à 24 ans habitaient toujours chez leurs parents; en 2001, c'était 57%. Et le phénomène s'accentue. Autre donnée intéressante: les jeunes hommes sont plus nombreux que les jeunes femmes à vivre longtemps chez leurs parents.

"Plusieurs raisons expliquent cette nouvelle réalité, indique Rose-Marie Charest. D'abord, les relations de couple et les enfants ne sont pas prioritaires pour les jeunes adultes d'aujourd'hui. Il y a aussi l'aspect financier. À cet âge, on voyage davantage qu'avant, on reste aux études plus longtemps, on change d'emploi fréquemment, on roule en voiture sport et on craque pour les gadgets électroniques. Résultat: les jeunes n'ont plus d'argent à consacrer au logement. Sans compter qu'ils bénéficient d'une grande liberté chez leurs parents; ils peuvent même y avoir une vie sexuelle, ce qui était impensable il y a une génération à peine. Donc, rien ne presse."

Ce n'est pas tout. Aux enfants Tanguy s'ajoutent les enfants boomerang: ils étaient partis, et voilà qu'ils reviennent! Certaines études ont montré que la probabilité pour un jeune de revenir à la maison serait liée à la raison pour laquelle il l'a quittée. Ainsi, celui qui s'éloigne pour étudier, travailler ou marquer son indépendance est plus susceptible de revenir que celui qui s'en va pour former un couple.

Mais voir tout à coup resurgir un enfant dans le décor, même quand on l'adore, ce n'est pas toujours simple. Les parents étaient devenus plus libres, ils avaient aussi plus de sous dans leurs poches. Puis ils avaient repris possession de la maison avec, en prime, tout plein de petits à-côtés agréables: des lessives moins fréquentes, un frigo qui ne fait plus l'objet d'un pillage en règle, une maison qui ne résonne plus comme une disco, une auto qui reste en place plus de 15 minutes. Parfois aussi, ils avaient développé de nouveaux intérêts, de nouvelles amitiés. Un enfant revient? C'est une autre dynamique qui s'installe et qui ne ressemble pas nécessairement à celle d'avant.

"Certains parents vivent le retour d'un enfant comme un échec ou un envahissement de leur espace, ce qui risque de créer des tensions à plus ou moins long terme, mentionne Claire Leduc. D'autres, au contraire, sont heureux d'accueillir leur enfant et vont parfois même lui proposer un mode de vie intergénérationnel, en lui léguant le sous-sol par exemple. Mais attention: un retour à la maison peut être, de la part de l'enfant, le symptôme d'un problème de dépendance ou d'une autonomie non assumée. À vérifier."

"Il faut analyser la situation pour découvrir les véritables motifs de ce retour au bercail, ajoute Rose-Marie Charest. Est-ce que l'enfant revient parce qu'il part bientôt en voyage et qu'il ne veut pas payer un loyer inutilement? Parce qu'il a quitté sa blonde? Parce qu'il s'est endetté? En général, mieux vaut l'aider autrement qu'en l'accueillant à la maison ou, pire, en acceptant de constants aller-retour de sa part. Les parents ne doivent pas être à la merci de ce qui se passe dans la vie de leurs enfants. Hélas, trop souvent ils s'oublient complètement pour eux. Mais en agissant ainsi, ils lancent au jeune le message qu'il n'est pas capable de se débrouiller seul. Donc, à moins d'une situation particulière, la meilleure solution, c'est de dire à son rejeton qui veut revenir : "On croit que tu vas être capable de vivre sans nous. Et on veut bien te donner un coup de main pour que tu le fasses."

Bref, une famille saine encourage l'autonomie, l'indépendance, tout en maintenant un lien solide.

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