Il existe 53 espèces de moustiques au Québec. Lorsqu'on dit moustiques, on inclut que les maringouins et les cousins, même si les mouches noires, les taons, les frappe-à-bord, les mouches à cheval, les mouches à orignal, les mouches à chevreuil et les brûlots, qui appartiennent à des familles proches de celle des moustiques, ont aussi une caractéristique commune : ils piquent. Il est à noter que les insectes ne piquent pas tous; seuls les moustiques possèdent des pièces buccales capables de percer le tégument des humains ou d'autres animaux et d'aspirer du sang. Les autres insectes (mouche noire, brûlot, etc.) vont plutôt mordre et déchirer localement la peau afin de boire le sang qui jaillira.
Les insectes piqueurs n'ont pas tous les mêmes mœurs. Chaque famille a ses moments de la journée et ses habitats préférés. Ils peuvent donc transformer une activité de plein air agréable en véritable enfer. Ils peuvent même causer des réactions sévères. En connaissant mieux leurs habitudes, vous saurez comment les éviter. Vous pourrez aussi diminuer les attaques en adoptant certaines stratégies.
Moustiques (maringouins et cousins)
Les moustiques sont particulièrement abondants en juin et juillet. Ils aiment sortir tôt le matin, en fin d'après-midi, après le coucher du soleil ou après la pluie. Très actifs la nuit, le temps frais peut cependant les éloigner. Ils apprécient les jours sombres, le temps nuageux et les endroits ombragés.
Les larves vivent en eau stagnante peu profonde, que ce soit une mare, un étang, une tourbière, un récipient abandonné, un bassin et même de vieux pneus. Seules les femelles piquent afin d'assurer le développement de leurs œufs. Contrairement à la croyance populaire, une fois que la femelle a piqué et qu'elle est gonflée de sang, elle ne meurt pas. Ce sont plutôt les mâles qui meurent après s'être accouplés, une fois, parfois plusieurs fois ; leur germe procréateur ayant été confié à leurs compagnes. Les moustiques peuvent piquer à travers les vêtements; leur piqûre provoque une enflure locale et une vive démangeaison. Les réactions anaphylactiques ou générales sont extrêmement rares, mais l'enflure peut être plus importante si on est piqué sur une paupière ou si on souffre d'allergie. Les moustiques peuvent aussi transmettre le virus du Nil occidental, qui cause une encéphalite chez les oiseaux, les chevaux et les humains. Le Québec a même adopté différentes stratégies pour lutter contre ce virus.
photo: René Limoges - Insectarium de Montréal
Mouches noires
La mouche noire est généralement de taille inférieure au moustique. Présentes jusqu'en septembre dans les régions de conifères, les mouches noires se lèvent aux aurores et reviennent un peu avant le crépuscule, mais si le temps est chaud et humide et qu'il souffle un vent léger, elles peuvent être en activité toute la journée. Les larves apprécient tous les types d'eau courante, particulièrement les eaux vives des ruisseaux et des rivières. La taille des mouches noires leur permet de se faufiler à travers une minuscule fente de tissu. Elles aiment particulièrement les endroits du corps qui sont à l'ombre comme l'arrière des oreilles, le cou ou les chevilles. La morsure est ronde et présente des traces de sang frais ou de sang séché. Elle provoque une enflure douloureuse et une sensation de chaleur. Cette réaction disparaît la plupart du temps au bout de quelques heures ou de quelques jours. Cependant, si on gratte les morsures à répétition, on peut provoquer une infection cutanée sérieuse. De plus, les morsures de mouches noires peuvent entraîner, dans de rares cas, des réactions allergiques plus sérieuses comme un choc anaphylactique.
Brûlots
Les brûlots sont les plus petits des insectes piqueurs. Ils se manifestent à partir de la fin juin et en juillet. Ils sont actifs de jour comme de nuit, mais sont particulièrement abondants à partir de la fin de l'après-midi ou lorsqu'on remue la terre. À cause de leur petite taille, ils ne peuvent pas piquer à travers les vêtements mais ils peuvent passer à travers une moustiquaire ordinaire. Les brûlots doivent leur nom à la sensation de brûlure que provoque leur morsure. Comme la morsure des mouches noires, la morsure des brûlots provoque une enflure locale et peut entraîner des réactions anaphylactiques.
Mouches à chevreuil (frappe-à-bord ou frappe de bord)
Les mouches à chevreuil ressemblent aux mouches domestiques mais leurs ailes forment un triangle et présentent une tache. Elles sont actives de juin à août et elles préfèrent sortir le jour, lorsqu'il fait soleil et que le temps est chaud. Elles affectionnent particulièrement le cuir chevelu et leur morsure est douloureuse, causant une enflure locale. Des réactions anaphylactiques sont possibles. Dans de rares cas, la piqûre d'une mouche à chevreuil infectée peut transmettre la tularémie, une maladie bactérienne qui peut frapper autant les animaux que les hommes.
Photo: www.lesinsectesduquebec.com
Mouches à cheval, à orignal, à vache ou taons
Malgré leur taille importante, les taons peuvent se poser sur votre peau sans que vous vous en rendiez compte. Comme les mouches à chevreuil, les taons sont actifs le jour et affectionnent le temps chaud. Ils vivent de juin à août et sont particulièrement voraces. On estime que dans certains cas les taons s'attaquant au bétail peuvent soutirer jusqu'à un quart de litre de sang par jour sur un seul animal. Pour compléter leur repas, ils peuvent s'attaquer plusieurs fois au même individu. Leur morsure est très douloureuse. Ils adorent la peau mouillée et il n'est pas rare de les voir tournoyer autour des baigneurs ou des canoteurs. Comme dans le cas des mouches à chevreuil, des réactions anaphylactiques peuvent se produire et les taons peuvent aussi transmettre la tularémie.
Pas vraiment des insectes piqueurs
Abeilles, guêpes et frelons
On désigne souvent les abeilles, les guêpes et les frelons comme insectes piqueurs. En réalité, ils ne font que se défendre lorsqu'ils sont dérangés. Ils piquent et laissent un dard ainsi que son réservoir à venin dans la peau. Plus vite on le retire, moins il y aura de venin dans la chair et moins douloureuse sera la piqûre. La piqûre entraîne une douleur immédiate et une enflure. On peut extraire le dard en le grattant rapidement. Il faut éviter d'écraser le dard et ne pas utiliser de pinces à épiler afin de ne pas favoriser la pénétration de plus de venin dans la peau. La plupart du temps, ces piqûres ne sont pas dangereuses, mais elles peuvent entraîner des réactions graves si elles sont situées au niveau du cou, dans la bouche ou si une personne est allergique.
Tiques
Les tiques sont de minuscules insectes (en réalité, des acariens) qui se nourrissent du sang des animaux mais qui peuvent parfois piquer les humains. La tique plante sa trompe dans la peau de sa victime et suce son sang pendant des heures, parfois une journée ou même deux. Elles sont actives durant les mois chauds, d'avril à octobre. Les tiques peuvent transmettre de nombreuses maladies, comme la maladie de Lyme, la paralysie des piqûres de tiques, la fièvre des montagnes rocheuses et la tularémie. Bien que peu répandue au Canada, la maladie de Lyme peut causer des problèmes sérieux au cœur, au système nerveux et aux articulations si elle n'est pas traitée aux antibiotiques. Bonne nouvelle cependant, un vaccin contre la maladie de Lyme est maintenant disponible au Canada.
Poux et puces
Les poux et les puces sont des insectes qui devront piquer pour se développer. Toutefois, ils appartiennent à des groupes d'insectes tout à fait différents et leur comportement en vue de prélever des repas sanguins est fort particulier.
Réactions allergiques
Les piqûres ou les morsures d'insectes se manifestent par des rougeurs localisées, de l'induration et des démangeaisons autour de la piqûre. Lorsque les piqûres sont nombreuses ou en cas d'allergie, la personne peut avoir de la fièvre et présenter des signes de faiblesse, de fatigue et de somnolence. Si vous n'êtes pas allergique, ces symptômes disparaîtront d'eux-mêmes. Cependant, si les réactions locales sont très étendues ou en présence de fièvre ou d'infection locale, il est préférable de consulter un médecin. Si des réactions se produisent dans une région du corps éloignée du site de la piqûre ou s'il y a signe d'asthme ou de difficultés respiratoires, il faut immédiatement avoir recours à des soins médicaux.
Choc anaphylactique
Le choc anaphylactique peut être fatal en quelques minutes (entre 5 et 15 minutes). Il se manifeste par une enflure au visage, un urticaire généralisé, de la difficulté à respirer ou à avaler, une sensation d'étouffement, une crise d'asthme, des nausées, des vomissements persistants, de la diarrhée, un état de choc, une chute de la tension artérielle et la perte de conscience. Le choc anaphylactique peut se produire quelques minutes à peine après avoir été piqué. En présence de ces symptômes, il faut immédiatement administrer de l'adrénaline auto-injectable ( Epi-Pen®, Epi-EZ-Pen® et Ana-Kit®) et se présenter au service d'urgence le plus proche. Les personnes allergiques ou qui projettent de se rendre en forêt devraient avoir avec eux en permanence des antihistaminiques (Benadryl) et de l'adrénaline auto-injectable, tous deux disponibles en vente libre.
Comment prévenir les piqûres
Les vêtements
Les vêtements peuvent prévenir les piqûres s'ils sont bien choisis. Portez des vêtements amples et épais, munis d'un capuchon, qui ferment bien au cou, aux poignets, à la taille et aux chevilles. Évitez les couleurs foncées, les vêtements luisants ou fluos. Préférez-leur des vêtements clairs, blancs, beiges ou kaki. Les vêtements avec une fermeture éclair protègent mieux que ceux qui ont des boutons.
Odeurs
Évitez les savons odorants, les parfums ou les lotions après-rasage. Utilisez plutôt des produits non parfumés pour votre toilette et même pour l'entretien de vos vêtements.
Moustiquaires
Les moustiquaires offrent une bonne protection contre les moustiques et les mouches noires, mais vous devrez les vaporiser avec un répulsif à base de DEET pour vous protéger contre les brûlots. Si vous faites du camping, procurez-vous une moustiquaire anti-brûlots.
Insectifuges à base de DEET
Les insectifuges à base de DEET sont vendus en différentes concentrations. Les produits à concentration plus faibles offrent autant de protection que ceux à protection élevée, mais la protection est de plus courte durée. Habituellement, un produit à 30 % de concentration offre une protection suffisante pour les adultes pendant une période d'environ six heures alors qu'un produit à 10 % est efficace pour une période de trois heures. Au Canada, les produits contenant une concentration supérieure de DEET (plus de 30 %) font l'objet d'une élimination graduelle. Ils ne seront plus disponibles après le 31 décembre 2004. Les produits à base de DEET ne doivent pas être utilisés sur les enfants de moins de six mois. On peut cependant utiliser les produits à base de DEET sur les enfants entre six mois et deux ans s'il y a un risque élevé de complications. Il faut alors utiliser un produit à concentration de 10 % et moins, se limiter à une seule application par jour et n'appliquer qu'une petite quantité du produit. Chez les enfants de deux à douze ans, il faut aussi utiliser le produit le moins concentré (10 % ou moins) et ne pas dépasser trois applications par jour. N'utilisez que les produits homologués au Canada et lisez attentivement l'étiquette du produit avant l'application.
Citronnelle et huile de lavande
Les insectifuges à base de citronnelle et d'huile de lavande offrent aussi une protection contre les moustiques mais leur durée est moins grande. La citronnelle homologuée au Canada protège pendant moins d'une heure tandis que l'huile de lavande protège pendant une demi-heure ou moins. Il est déconseillé d'utiliser ce type d'insectifuge sur les enfants de moins de deux ans. Certaines personnes peuvent aussi développer des réactions allergiques après avoir utilisé un produit à base de citronnelle. Comme dans le cas des insectifuges à base de DEET, il faut lire attentivement les étiquettes de ces produits avant de les utiliser.
P-menthane 3,8-diol
Récemment homologué au Canada, un produit contenant du P-menthane 3,8-diol protège contre les moustiques pendant une période d'environ deux heures et peut être utilisé chez les enfants de moins de 3 ans.
Huile de soya
Les produits à base d'huile de soya ont aussi été homologués depuis peu au Canada. Ils offrent une période de protection entre 1 et 3 heures.
Appareils antimoustiques
Les appareils électriques comme les électrocuteurs ou les émetteurs d'ultrasons s'avèrent peu efficaces pour tuer ou éloigner les moustiques, mais ils détruisent beaucoup d'autres insectes. Par exemple, on estime que les électrocuteurs attirent seulement 3 à 5 % de maringouins et il a été démontré que les maringouins femelles n'étaient pas attirés par les vibrations d'émetteurs d'ultrasons.
Immunothérapie
Les personnes allergiques aux piqûres d'insectes peuvent avoir recours à la désensibilisation ou immunothérapie. Ce traitement peut réduire considérablement les risques de réactions sévères.
Traitement des piqûres
Plusieurs produits sont disponibles en vente libre pour soulager l'irritation causée par les piqûres d'insectes comme la lotion de calamine. Une pâte faite de bicarbonate de soude et d'eau ou l'application d'un glaçon sur la plaie peuvent aussi s'avérer efficaces. Cependant, si certaines réactions allergiques se manifestent, il faut obtenir des soins médicaux.
Source: http://www.servicevie.com/
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